Oppositions et ruptures

 

 

    L'opposition se centre sur le problème du monothéisme. Mohammed fut tenté un instant d'accorder une certaine reconnaissance aux trois déesses de La Mecque: Allât, al-'Uzzä et al-Manât (Coran 53.19-20). Mais il se rendit vite compte de son erreur et attribua ces versets à une inspiration satanique. Ils furent abrogés. C'est l'épisode des versets sataniques. Ce fut la rupture.

 La ruptureest marquée par la sourate 109. C'est à ce moment que commencèrent les persécutions. Vers 615, les plus musulmans les plus menacés émigrent vers l'Abyssinie chrétienne.

Les pressions concernent surtout les membres de la communauté qui n'avaient aucune relation avec un clan.

Bilâl fut exposé au soleil avec une pierre sur la poitrine.

Le capital d'Abû Bakr chuta de 40.000 à 5.000 dirhams, à cause de pressions économiques.

Mohammed fut l'objet deviolentes attaques verbales et de mesures vexatoires. Abû Tâlib, le chef du clan de Mohammed, tint bon et refusa d'enlever sa protection à La Mecque. Les clans apparentés à Mohammed, ceux des Banû Hashîm (les Hachémites) et des Banû Muttalib furent l'ojet d'un boycott commercial et matrimonial. L'édit de boycott fut affiché sur la porte de la Ka'ba. Il dura deux ans, mais fut sans incidence notable sur les affaires des deux clans visés.

 Le Coran estl'échodes débats de cette époque entre Mohammed et ses adversaires. Le débat religieux tourne autour de la question de larésurrection (Coran 37.13-17, 56.47-50), sur l'Heure Dernière (quand viendra-t-elle ? Coran 21.38-40). Dès cette époque, le Coranconsidère la création de l'homme par Dieu au cours des étapes de l'embryogenèse comme un signe qu'Il peut être capable de rendre la vie aux défunts. Si Dieu nous a créés une première fois, il peut aussi nous créer une deuxième fois, lors de la résurrection (Coran 36.77-83).

 Autre point d'opposition:le culte des idoles.

L'argument des adversaires de Mohammed était qu'ils ne voulaient pas renoncer à la religion de leurs pères. D'où les histoires des prophètes (Noé, Abraham…) qui jalonnent le Coran de cette époque et qui ont pour but d'enraciner les Arabes dans une lignée nouvelle, celle des prophètes d'Israël (Coran 71.1-20, 26.69-86).

 Critiques vis-à-vis de Mohammed

  1. On l'accuse d'être un possédé (69.38-43)
  2. On accuse ses révélations d'être de fabrication purement humaine
  3. Mohammed n'étant qu'une créature humaine, il ne peut être messager de Dieu. Certains opposants réclamaient des signes ou des miracles (Coran 17.90-96).

 L'année 619 est une année cruciale pour le Prophète. Sa situation familiale s'aggrave brusquement. Il perd son oncle et protecteur Abû Tâlib et sa femme Khadîja. Jusque là le Prophète était monogame. Le successeur d'Abû Tâlib, Abû Lahab lui refuse sa protection. Le Coran (sourate 111) le maudit.

 Le Prophète se rend alors à Tâ'if dans l'espoir de faire de nouveaux adeptes. Mais il est lapidé.

 Les négociations avec Médine

 En 620, 6 hommes de la tribu arabe des Khazradj de Médine se convertissent et au pèlerinage de 622, c'est un groupe de 73 hommes et de deux femmes qui vinrent à La Mecque prêter serment de nuit à 'Aqaba. C'est le serment de la guerre (bay'at al-harb), suivi de l'autorisation du djihâd (Coran 22.39-41, 2.193, versets qui montrent bien le caractère défensif du djihâd). Ces musulmans de Médine sont appelés Ansâr ("Auxiliaires"). Mohammed encourage alors les musulmans à se rendre à Médine. C'est l'hégire ou émigration, événement fondateur comparable à l'Exode des juifs. Le Prophète lui-même quitte La Mecque le 14 septembre 622, et arrive à Médine le 24 septembre 622.

 Mais auparavant, en 621, il était monté au Ciel. C'est l'Ascension du Prophète.

 

Suite