La politique de Mohammed à l'égard des Juifs

 

Mohammed n'avait aucune prévention à l'égard des Juifs. Bien au contraire, il pensait que le contenu du message qu'il annonçait substantiellement identique à celui que les Juifs avaient reçu depuis longtemps au Sinaï. Quand il prit la décision de partir pour Médine, il semble bien avoir compté sur l'appui complet des monothéistes du cru. Il a dû penser que les juifs et musulmans formeraient un ensemble cohérent face au paganisme qoréichite.

 

La prière se fit, au début, en direction de Jérusalem. La grande prière se faisait le vendredi à midi, juste avant le début du sabbat, dans le but évident d'associer les musulmans aux préparatifs du sabbat.

 Le jeûne juif principal était (et est encore) celui du Yom Kippour, le 10 du mois de Tichri. On l'appelait en araméen 'achourâ' (dix). Mohammed décida que les musulmans s'y associerait. Plus tard, ce jeûne deviendra facultatif et sera remplacé par le ramadan.

 Une révélation permit aux musulmans de manger la nourriture des Juifs et d'épouser des Juives.

Mohammed ne pensa jamais se rallier à tous les interdits alimentaires juifs. Il se contenta des ordonnances noachiques (Genèse 9.3-7): ne pas manger manger de sang, ni d'animaux morts de morts naturelle, étranglés ou sacrifiés aux idoles, ne pas manger de porc.



Le nombre des conversions fut infime: quatre ou cinq selon Ibn Ishâq.

En vain, Mohamed annonce qu'il est "le Prophète des Gentils" [c-à-d des païens] que les Juifs trouvent annoncé chez eux dans la Tora et l'Evangile (C 7.157). En vain, la révélation insiste-t-elle sur le lien qui unit en Abraham toutes les communautés monothéistes.

 Les critiques pleuvent. Les Juifs sont accusés de demeurer sourds et aveugles. "Leurs cœurs sont incirconcis" (C. 2.80). Ils ont adoré le veau d'or (2.91-92), douté de Moïse, poursuivi de leur haine Jésus et tous les prophètes . Les Juifs ont transgressé la loi de Moïse (C. 2.83) et falsifié les Ecritures (2.79).

 Bien voir qu'il ne s'agit pas là d'antisémitisme, car dans la bouche des prophètes d'Israël, on trouve des mots tout aussi durs à l'égard de leur peuple. Mohammed se sentait spirituellement juif ; de plus, il affirmait descendre charnellement d'Abraham.

 Mohammed connaît de mieux en mieux les traditions juives et la polémique se place aussi sur le plan théologique. Mohammed fait remarquer

  1. qu'Abraham n'était pas juif (il était originaire d'Ur en Chaldée) et que la religion qu'il prêche, la religion d'Abraham, est plus proche des sources que celle des Juifs.
  2. que les Juifs ont toujours persécuté les prophètes. Il n'est donc pas étonnant qu'ils se refusent à reconnaître l'apostolat de Mohammed. Cela fait partie de la véridicité de l'apostolat que de ne pas être reconnu par les Juifs. "S'ils te traitent de menteur, les Envoyés venus avant toi ont, eux aussi, été traités de menteurs. Et cependant ils étaient venus avec des signes évidents: avec le Psaume et le Livre qui illumine" (C. 3.181).
  3. que juifs et chrétiens prétendent tous deux que leur religion était la seule vraie et excluait l'autre. Ces deux revendications ne pouvant être simultanément vraies, elles s'excluent mutuellement (C 2.135).

 

Vers la mi-février 624 (d'autres sources parlent du 11 janvier 624), des crotants étaient en prière à la petite mosquée de Qubâ' quand un envoyé de Mohammed accourut leur annoncer qu'une Révélation venait d'être reçue par le Prophète (2.142-144) et que désormais il fallait se tourner vers la Ka'ba pour prier. Désormais l'islam a son propre temple, qui n'est pas celui de Jérusalem, mais celui de La Mecque. Puis, le jeûne de 'Achourâ' fut remplacé, en tant que jeûne obligatoire par le jeûne du mois de ramadân (2.183-185). Il subsiste néanmoins en tant que jeûne surérogatoire (facultatif).

 

En 624, la tribu juive des Banû Qaynuqâ' est expulsée, en 625 celle des Banû n-Nadîr. En 627, les hommes de la tribu des Banû Qurayza sont massacrés, les femmes et les enfants vendus comme esclaves.

 

La permission du djihâd est donnée en Coran 22.39. Il y est présenté comme une mesure défensive.

 

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