Hudaybiyya, le péleinage mineur, la conquête de La Mecque, la rencontre avec les chrétiens de Nedjrân

Hudaybiyya (an 628)

 

Au début d'avril 628, Mohammed avisa ses adeptes d'avoir à se préparer pour accomplir le pèlerinage à La Mecque. 1.500 personnes marchèrent donc en direction de la ville. Les Mecquois bloquèrent le défilé qui mène à leur ville. Les musulmans campèrent donc à quelques lieues de là, à Hudaybiyya. Un pacte fut signé, appelé le pacte de Hudaybiyya. Par celui, Mohammed s'engage à retourner à Médine sans accomplir le pèlerinage. En revanche les Mecquois s'engagent à ne plus prendre les armes contre les musulmans et de les autoriser à accomplir l'année suivante le pèlerinage mineur. La guerre devait cesser pendant dix ans. Durant cette période, les Qoréichites qui iraient chez Mohammed sans la permission de leur tuteur légal seraient extradés vers La Mecque, mais les musulmans qui rejoindraient La Mecque ne le seraient pas. Pour la première fois, Mohammed était traité d'égal à égal par l'aristocratie mecquoise.

 Enfin, Mohammed supprima un dernier foyer de résistance, constitué par l'oasis juive de Khaybar, à 150 km au nord de Médine. Les juifs de Khaybar furent vaincus et réduits à l'état de métayers. Le butin amassé devint l'embryon du trésor public musulman.



 

Le pèlerinage mineur (mars 629)

 

 

 

En mars 629, conformément aux stipulations de la convention de Hudaybiyya, Mohammed et les musulmans accomplirent le pèlerinage mineur. Pour plus de sécurité, la ville de La Mecque fut évacuée, trois jours durant, par ses habitants.

 

 Mohammed est à présent chef d'Etat. A côté des textes organisant le statut des personnes, de la communauté et du culte, on trouve donc dans le Coran des dispositions réglant les rapports sociaux, condamnant la sexualité hors mariage (zinâ), la consommation de boissons fermentées, la prostitution des esclaves, les conflits armés entre les croyants.

 

 

La conquête de La Mecque (fin 629)

 

 

 

           A la fin de 629, profitant d'un différend entre deux tribus soutenues l'une par les Mecquois, l'autre par lui-même, Mohammed déclare caduque la trêve de Hudaybiyya et marche sur La Mecque à la tête d'une véritable armée (10.000 hommes). L'entrée du Prophète eut lieu presque sans coup férir. Le vainqueur sut dominer son triomphe. Une trêve de quatre mois garantissant leur immunité fut accordée aux polythéistes. Tout privilège sacerdotal fut retirée aux adeptes de la religion traditionnelle. Imitant l'exemple d'Abraham détruisant les idoles d'Our, Mohammed donna l'ordre de détruire les idoles à La Mecque et dans les sanctuaires d'alentour. Puis il se fit donner la clé de La Ka'ba et y rentra, en prononçant les fameux mots: "La Vérité est venue, le Mensonge a péri". Il fit effacer toutes les fresques de la Ka'ba, sauf une représentant Abraham, Jésus et la Vierge Marie.

 

Abû Sufyân et toute la population se convertit.

 

 

La rencontre avec les Chrétiens de Najrân (an 631)

 

 

 

              Selon la Sîra, Mohammed reçut, début 631, une délégation de chrétiens de Najrân (Yémen). Une discussion théologique s'ensuivit, d'autant plus difficile que les chrétiens de Najrân étaient monophysites, c-à-d reconnaissaient au Christ une seule nature, la nature divine, doctrine évidemment inacceptable pour Mohammed qui donne une place de choix à Jésus dans l'histoire du salut, mais uniquement comme prophète. Les chrétiens firent leur soumission à l'égard de l'Etat musulman, en contrepartie Mohammed leur accorda la liberté de culte et de transmission de leur foi. D'où les mots aimables du Coran sur les chrétiens: 5.82.-84. Mais Jésus n'est ni le Rédempteur, ni le Fils de Dieu (4.1). Plus tard, l'attitude de Mohammed envers le christianisme fut encore plus critique: 5.72-73, 5.51.

 

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