Le contenu du Coran

 


      Le Coran comporte 114 sourates (chapitres), soit 6235 ou 6234 versets.


D'un point de vue historique, on distingue les sourates des trois périodes mecquoises (610-622) et celles de la période médinoise (622-632).


I. Périodes mecquoises


1. Première période mecquoise (610-616): 48 sourates, 1219 versets, 9% du Coran.

Les sourates de cette époque sont courtes et fougueuses. Leur langage est solennel, les images hardies, les versets brefs, leurs enseignements pleins de force, et parfois introduits par des adjurations emphatiques.

On trouve dans ces sourates des prédictions eschatologiques, des exhortations à se préparer au Jugement Dernier, les descriptions des signes de la fin: la terre s'ouvre, les montagnes chancellent, les étoilent tombent sur terre.

Le dogme de l'unicité divine apparaît au milieu de cette période.


2. Deuxième période mecquoise (617-618): 21 sourates, 1898 versets, soit 23 % du Coran.

La fougue initiale commence à se refroidir au contact des désillusions de la réalité et des nécessités pratiques de la communauté naissante. On y trouve de longues tirades sur les prophètes antérieurs à Mohammed.


3. Troisième période mecquoise (619-622): 21 sourates, 1656 versets, soit 33 % du texte.

On y trouve encore de longs récits sur les Prophètes.

Il s'agit de convertir les hommes à la foi dans le Dieu unique, créateur et résurrecteur des morts, au jugement dernier, à l'enfer et au paradis.

Le Coran de cette période s'étend longuement sur les louanges de Dieu. Il Le voit intervenant dans les phénomènes de la nature et dans les vicissitudes de l'histoire, et par contraste, parle avec sarcasme de la faiblesse des faux dieux.

Longues descriptions de la béatitude des bienheureux (au paradis) et des tourments infinis des damnés (en enfer)

 

II. La période mecquoise (622-632):   24 sourates, 1462 versets, soit 35 % du texte

Le Prophète est à présent chef d'Etat.


On y trouve l'écho des luttes soutenues par Mohammed contre les tribus juives de Médine, contre les Hypocrites, contre les polythéistes de La Mecque, enfin contre les tribus bédouines ralliées à l'islam triomphant moins par conviction que par intérêt

On rencontre dans les sourates médinoises des textes d'une très haute portée pour l'élaboration future de la Loi islamique. Certains concernent le rapport de la nouvelle religion avec les autres religions monothéistes.

D'autres forment les éléments organiques du droit civil ( mariage, répudiation, héritage, transactions commerciales) , ou pénal ( répression des crimes et délits).

 

 

Il y a dans le Coran deux sortes de versets:


1) des versets de type pérénétique (exhortations, récits sur les Prophètes, sur la Création)

2) des versets éthico-juridiques, surtout présents dans les sourates médinoises (révélées entre 622 et 632, l'ensemble des sourates médinoises forme un peu plus du tiers). Ces versets sont peu nombreux (3 à 5 % sur 6234 versets), mais sont d'une extrême importance pour l'élaboration de la charia. Ce sont des versets d'une vigueur et d'une concision extrême: c'est pour cette raison qu'ils ont donné lieu à de multiples interprétation par les docteurs de l'islam (par exemple dans la sourate 4, ébauche du droit successoral).

Les docteurs de l'islam professent  que le Coran apparaît sous deux aspects:

1) hukm: prescription légale en tant qu'il fixe ou abroge d'une manière cursive les règles qui conditionnent le devenir commun des humains

2) hikma: c-à-d "sagesse" avec son accompagnement d'incitation à l'espoir du Paradis" (targhîb) et "de mise en garde par la crainte de l'Enfer" (tarhîb).

La sourate 3 fait une autre distinction:

1) entre sourates d'une certitude limpide (muhkamât) établies une fois pour toutes

2) et les autres sourates (mutashâbihât) propices à inspirer des doutes, et qui font l'objet de discussions diverses.

 

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