Aspects théologiques du Coran

 


 Coran et Sunna sont les deux sources théologiques de l'islam    (voir aussi Sîra)


Le mot arabe Qur'ân vient de la racine arabe qr', prise ici dans son sens primitif de "réciter" ou de "prêcher". Le mot signifie donc La Prédication par excellence.

Techniquement, c'est le texte de la prédication de Mohammed, reçue par lui dans les moments de Révélation (il transpirait, entrait en transe…), qui pour l'islam est parole de Dieu, alors que les hadîths (ou "dits") de la Sunna représentent, eux, les paroles que le Prophète a pu prononcer dans la vie courante en dehors des instants de Révélation.


C'est, pour l'islam, la parole même de Dieu.


Toute citation écrite ou orale du Coran est introduite dans les livres islamiques par la formule qâla Llâhu ta'alä ("Dieu le Très-Haut a dit"). Quand il s'agit d'un message oral, à la radio ou à la télévision par exemple, le présentateur change de ton, prend une voix caverneuse et grave pour indiquer que c'est la Transcendance qui va parler, pour distinguer le flux de la parole sacrée de la parole profane. La citation orale se termine toujours par la phrase sadaqa Llâhu l-'azîm ("Dieu l'immense a dit vrai")

 

C'est, d'après le Coran lui-même, la parole de Dieu révélé en langue arabe claire (26.195), c'est-à-dire dans une koinè supra-dialectale.


Le Coran a été révélé à Mohammed par l'ange Gabriel, par fragments ( Coran 17.106). Ces fragments sont considérés comme des extraits du Livre céleste, dont sont issus aussi la Tora et l'Evangile, fragments identiques point pour point aux passages correspondant du Livre céleste, alors que la Tora et l'Evangile ont été mal transmis (doctrine du tahrîf). A part ces altérations, le Coran est identique aux révélations antérieures.


Selon l'expression qui en vint à exprimer l'opinion majoritaire des théologiens musulmans, le Coran est considéré comme "parole éternelle et incréée de Dieu ". Dieu étant un "parlant", le Livre céleste dont est issu le Coran est présent de manière latente en Lui. Sous cet aspect-là, il est éternel et incréé. Il s'actualise cependant lors du phénomène de la Révélation. Il devient alors mots et versets. Sous cet aspect là, il est temporel. Il est hikâya, représentation.


Le Coran est considéré comme tellement parfait (car œuvre divine) qu'il est considéré comme absolument inimitable. C'est le dogme de l'inimitabilité du Coran (i'djâz al-Qur'ân).


Dans les mosquées, le Coran n'est pas lu de façon profane, mais psalmodié. C'est le tadjwîd. Cette psalmodie est faite avec un soin extrême. Elle nécessite des dizaines d'années d'entraînement. Toutes les désinence casuelles sont respectées, toutes les assimilations phonétiques sont réalisées. Les consonnes "r" et "dâd" sont prononcées avec leur valeur primitive, c-à-d un "r" anglais pour le "r" et un "d" emphatique (prononcé avec la langue recourbée vers le haut du palais) pour le dâd.


La liturgie de la prière est composée de versets coraniques ou de sourates entières comme la sourate 1 dite Al-Fâtiha. Le Coran étant parole de Dieu, l'orant ne fait que restituer à Dieu Sa propre parole.

 

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