La confession de foi de Ghazâlî: la Qudsiyya

 

 


La Qudsiyya, ainsi nommée parce qu'elle a été composée à Jérusalem (al-Quds, en arabe), se trouve au début de l'oeuvre maîtresse de Ghazâlî, l' Ihyâ 'Ulûm ad-dîn ( "Revitalisation des scienes de la Religion").


Elle comprend quatre parties;

1) l'essence de Dieu

2) les attributs de Dieu

3) les actions de Dieu et la prophétologie

4) les données révélées transmises par la Tradition (sam'iyyât) qu'il importe d'accepter telles quelles par fidéisme.


Les six premières propositions concernent l'eschatologie et doivent être admises à la lettre sans faire l'objet d'aucune interprétation allégorique ou symbolique:

1) la résurrection

2) l'interrogatoire des morts par Munkar et Nakir

3) le châtiment de la tombe

4) la balance du jugement

5) le pont Sirât

6) le Paradis et l'Enfer.


Les quatre dernières propositions sont consacrées au problème politique:

1) Les quatre premiers califes (Abû Bakr, 'Omar, 'Othmân, 'Alî) sont tous quatre légitime, et leur place dans l'ordre de la légitimité correspond à l'ordre de leur succession chronologique. Tous quatre ont accédé au califat par voie d'élection. La thèse (chiite) selon laquelle le Prophète aurait désigné par un texte son successeur à la tête de la communauté est catégoriquement rejetée.

2) L'ordre de succession chronologique des quatre premiers califes correspond à leur ordre de mérite.

3) Les conditions d'accès au califat:

* appartenance à l'islam

* la pleine responsabilité légale (taklîf)

* la masculinité

* l'esprit de scrupule (wara')

* la science ('ilm)

* l'aptitude à commander (kifâya)

* la descendance qoréichite.

Quand ces conditions sont réunies chez plusieurs candidats, le calife désigné est celui d'entre eux à qui la majorité a prêté serment d'allégeance.

4) L'impératif de la nécessité (darûra)

Quand on est dans l'impossibilité de trouver chez un candidat l'esprit de scrupule et la science que la doctrine exige, et si, en voulant l'écarter, on risque de faire éclater des troubles graves, il importe de reconnaître la légitimité de ce calife.

 

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