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Les confréries soufies

 

Durant des siècles, la vie mystique a reposé en islam sur des bases individuelles.


 A côté d'âmes solitaires cherchant leur propre salut dans des pratiques religieuses ascétiques ou dans d'ardentes méditations, on trouvait parfois un maître groupant autour de lui un cercle de disciples. Ce cercle pouvait même durer une génération ou deux après sa mort, sous la direction d'un disciple éminent, mais il n' y eut pendant longtemps rien qui ressemblât à une confrérie permanente maintenant sous ce même nom une organisation du culte toujours identique. C'est seulement au 13ème s. à l'époque troublée des Seldjoukides que commencent à apparaître les confréries permanentes.. Les Qâdiriyya fondés par 'Abd al-Qâdir al-Djilânî (m. 561/1166) semblent être la première confrérie encore existante qui ait une origine bien définie.


Chaque confrérie est reliée par une chaîne mystique (silsila) du fondateur de l'ordre jusqu'au Prophète. Chaque soufi croit que la foi professée par son ordre est l'essence ésotérique de l'islam et que le rituel de son ordre possède le même degré d'efficacité que la prière canonique (salât). L'affiliation de chaque soufi à son ordre s'effectue au moyen d'un pacte consistant en une profession de foi religieuse et des vœux qui varient selon les différentes confréries qui comprennent toujours le vœu de pauvreté.


Les membres réguliers des confréries sont en très petit nombre et vivent dans des "couvents" (khânqâh, ribât, zâwiya, takiyya) ou comme moines mendiants, comme les Qalandariyya, ordre dérivé des Bektachis. Mais il y a un nombre considérable de membres "laïcs" qui vivent dans le monde et qui sont seulement tenus de dire certaines prières quotidiennes et de participer de temps en temps au dhikr de leur communauté dans les couvents.

Les confréries sont financées par les waqf-s ou bien de main-morte.

 

Les couvents soufis


 Le ribât


Etait primitivement une forteresse établi sur les frontières de l'empire musulman (cf les Templiers dans le christianisme), en des endroits où l'on pouvait facilement concentrer les troupes. Comme les châteaux-forts occidentaux, ils servaient de lieux de refuge pour les habitants de la région en cas de danger. Ils servaient de tours de garde d'où l'on pouvait avertir la population environnante en cas de danger et grâce auxquelles on pouvait appeler à l'aide les garnisons des frontières et de l'intérieur du pays.

C'était une œuvre pie que de faire construire un ribât à ses propres frais ou de le fortifier.

Les gens du ribât ou murâbitûn (à marabout) étaient des volontaires , de pieuses personnes qui avaient décidées de consacrer leur vie à la défense de l'islam.

Certains entrer dans le ribât comme dans un monastère pour y faire leur vie, mais la plupart y restait seulement pour une période plus ou moins longue. Les effectifs étaient renouvelés plusieurs fois l'an.

Dans le ribât la vie quotidienne se partageait entre des exercices militaires et des exercices dévotionnels. Les murâbitûn se préparaient au martyre par de longues prières sous la direction d'un vénérable cheikh.

Le ribât avait donc au début une double fonction: religieuse et militaire.

A partir du 6ème/12ème s., le développement de la mystique musulmane donne à ces forteresses une nouvelle raison d'être en se transformant en monastères. Ils perdent donc leur caractère militaire. Parallèlement,  le djihâd est réinterprété dans un sens mystique: le combat intérieur sur soi-même.


Les zâwiya


Se sont développées autour de la maison d'un maître spirituel et de ses disciples.


Toute zâwiya se compose d'une mosquée, d'un dôme qui recouvre loe tombeau du fondateur de l'ordre ou d'un saint membre de l'ordre, dont elle porte le nom, d'un local où l'on lit le Coran, d'un second réservé à l'étude de la théologie, d'un troisième servant d'école primaire aux élèves ou aux tolba-s qui viennent ici perfectionner leurs études., enfin d'un autre bâtiment où l'on reçoit les mendiants et les voyageurs (l'"hostellerie"), quelquefois d'un cimetière destiné aux personnes pieuses qui avaient sollicité de leur vivant la faveur de reposer auprès du marabout.


Le tout forme une universités religieuse et une auberge gratuite.


De ces deux points de vue, la zâwiya offre une multitude d'analogies avec le monastère du Moyen-Âge occidental.


Ce sont les endroits par excellence où se réunissent les membres d'une confrérie religieuse (t'arîqa, t'â'ifa ).


Le célibat était exceptionnel chez les soufis.

Les épouses n'étaient pas autorisées à vivre dans les zâwiya .Les familles résidaient dans des complexes résidentiels édifiés alentour. Mais on connaît des cas où les soufis habitaient avec leur famille dans la zâwiya ou le ribât.


Les Muhammadanische Studien d'Ignaz Goldziher mentionnent l'existence de communautés de religieuses en Egypte, à La Mecque et à Monastir en Tunisie. L'étude de la théologie était d'ailleurs, au début de l'islam, largement ouverte aux femmes.