Poèmes

Poèmes

                                            

  (in Louis Massignon,  Le Diwan d'al-Hallâj)

 

 

(1) Ton Esprit s'est emmêlé à mon espnt, comme l'ambre s'allie au musc odorant.

(2) Que l'on Te touche, on me touche; ainsi, Toi, c'est moi, plus de séparation.

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(1) Je suis devenu Celui que j'aime, et Celui que j'aime est devenu moi ! Nous sommes deux esprits, infondus en un (seul) corps !

(2)Aussi, me voir, c'est Le voir, et Le voir, c'est nous voir.

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(1) "Ah !", est-ce moi, est-ce Toi ? Cela ferait deux dieux. Loin de moi, loin de moi la pensée d'affirmer "deux"!

(2) Il y a une ipséité tienne, au fond de mon néant pour toujours, et mon tout, par dessus toutes choses, s'équivoque d'un double visage.

(3) Où donc est Ton essence, hors de moi, pour que j' y voie clair? Mais déjà mon essence s'élucide, au point qu'elle n'a plus de lieu.

(4) Et où retrouver Ton visage, objet de mon double attrait, au nadir de mon coeur ou au nadir de mon œil ?

(5) Entre moi et Toi, il y a un "c'est moi" qui me tourmente, ah ! enlève par Ton "c'est Moi", mon "c'est moi " hors d'entre nons deux!

                                                                          ***

 

 

(1)J'ai essayé de prendre patience, mais mon coeur peut-il patienter, privé de son centre ?

(2) Ton Esprit s'est peu à peu mêlé à mon Esprit, faisant alterner rapprochements et délaissements.

(3) Et maintenant je suis Toi-même, Ton existence c'est la mienne, et c'est aussi mon vouloir.

 

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