Géographie de l'Arabie et organisation sociale

Géographie de l'Arabie                                  

 


 

Dimensions:

1/3 de l'Europe, 4 fois la France.

Les précipitations sont très peu abondantes; dans certaines régions, il ne pleut qu'une fois tous les dix ans.


Le relief

Il y a d'une part des régions de dunes, dont la hauteur peur atteindre 200 m, d'autre part le désert. Le désert du Rub' al-Khâlî (au sud) est l'un des plus terribles déserts du monde. Il est aussi vaste que la France.

Près de Tâ'if, dans le Hedjaz (centre de l'Arabie), les montagnes peuvent atteindre 2600 m. Au sud, près de Sanaa, au Yémen, le Djébel Shou'ayb monte à 3140 m.

A l'intérieur, c'est la steppe, le pays des nomades, qui campent sous des tentes. Quand l'eau souterraine est proche, ce sont des oasis avec de belles palmeraies: des sédentaires y vivent, vendant grains, légumes et fruits aux puissants nomades, et leur achètent leur protection contre paiement d'un tribut.

Le sud est beaucoup plus humide, c'est le Yémen, ou Arabie Heureuse. On y cultive le café et le coton. C'est une région d'une grande originalité qui avait dans l'Antiquité une civilisation très raffinée. Elle entretenait des relations suivies avec l'Éthiopie et l'Inde.

L'Arabie est le royaume du chameau. Il peut porter jusqu'à deux kilogrammes de marchandises, et est capable de marcher 17 jours sans eau, par une chaleur de 57°. Les caravanes reliaient entre elles les zones habitées de l'Arabie du sud et du Croissant Fertile (Syrie, Irak). C'était aussi une zone de transit de marchandises venues de l'Inde, de l'Afrique orientale et de l'Extrême-Orient.

 

L'organisation sociale de l'Arabie pré-islamique

 

 

Entre les différentes tribus, les relations étaient le plus souvent pacifiques, mais comme partout ailleurs parfois c'était la guerre. La misère obligeait certaines tribus à pratiquer la razzia, dont les règles étaient codifiées par le droit coutumier. On raflait les biens, mais sans causer de mort d'homme, autant qu'il était possible. C'est que l'homicide entraînait une vendetta (tha'r) sans fin, à moins que l'on ne payât le prix du sang.

 

On distingue les nomades (ahl al-wabar) des sédentaires (ahl al-madar).

 

A la base de la société, il y a la famille élargie avec les collatéraux.

 

Un certain nombre de familles forment un clan, qui porte le nom de l'ancêtre commun. L'ensemble des clans apparentés forment une tribu.

 

La famille était rassemblée dans une tente (nomades) ou une maison 'sédentaires) . Dans chaque tente, le chef de famille rassemblait autour de lui sa femme, d'ordinaire unique, ses enfants et ses esclaves. Les tentes voisines étaient celles des proches. La tribu se groupit autour de la demeure du chef en un cercle de tentes ou chez les sédentaires en un quartier.

 

Hors de la tribu, toute vie était impossible. Une solidarité très forte ('asabiyya) liait les membres d'une même tribu.

 

 La justice pénale était régie par la loi du talion ("œil pour œil, dent pour dent") et la vendetta solidaire de clan à clan.


 

L'art de la parole

 

Dans l'Arabie du centre et du nord, il n'y avait qu'un seul art, celui de la parole. Les Arabes admiraient, hier comme aujourd'hui, les hommes éloquents, qui savaient donner une répartie fine à un argument embarrassant, l'homme qui savait faire adopter ses vues dans les discussions.

 

La poésie était l'art le plus estimé. Et celle de l'époque anté-islamique (la djâhiliyya) était de toute beauté. Le poète était redouté à l'égal d'un magicien, parce qu'il pratique l'alchimie des mots et des sons, et on le supposait inspirait par un djinn. Des joutes oratoires étaient organisées où l'on vantait sa tribu et où l'on vilipendait la tribu adverse. Les Arabes ont toujours été des maîtres de la poésie satirique (hidjâ').

 

Dans les cabarets de La Mecque, les chanteuses composaient et chantaient des chansons satiriques contre Mohammed. Le Prophète s'exprimait par le Coran. C'était un affrontement entre deux discours.

 

La vertu que l'on prisait le plus chez l'homme était la muruwwa, la forme de la virilité idéale chez les Bédouins, une combinaison de vaillance, de loyauté, d'astuce au service du clan, de générosité et d'hospitalité ostentatoire. Chez la femme, c'est l'aptitude à la vie de famille qui était prisée.


 

Les cadres de la tribu

 

1. Le chef de la tribu

 

La tribu était dirigée par un chef (cheikh ou sayyid), dont l'autorité dépendait strictement de son prestige personnel. Il fallait qu'il le maintienne intact à tout moment. Il devait déborder de qualités, se conserver une clientèle par ses largesses et son affabilité, faire preuve de modération, suivre la volonté secrète de ceux qu'il entend commander.

 

Il est élu par les chefs de famille, souvent parmi les membres d'une famille privilégiée. Son rôle n'est pas de commander, mais d'arbitrer les différends conformément à la coutume (arabe: sunna) .

 

2. Devins (kâhin), sorciers ('arrâf) et prêtres

 

Les prêtres de la religion traditionnelle arabe (celle d'avant l'islam) étaient les interprètes de la divinité, pour prononcer les oracles et dire le sort. Le prêtre de la divinité Hubal lançait ainsi sept flèches pour interpréter l'avenir.

 

Les devins arabes se livraient à des interprétations en se fondant sur le vol des oiseaux. Mohammed supprimera cette superstition, mais à son mariage avec Aïcha, les femmes n'en crièrent pas moins Khayr Tayr ("bon oiseau, bon augure").

 

Le devin (kâhin) vaticinait en une sorte d'extase. Il connaissait les herbes qui lui dévoilaient les secrets de la nature. Les extases de Mohammed apparaîtront à ses détracteurs comme étant du même ordre, et on viendra les consulter pour retrouver l'identité de son père ou une chamelle égarée.

 

Le 'arrâf était un devin doué d'une science supérieure. Il était informé par l'un de ces djinns qui savaient monter jusqu'au bord du ciel inférieur et y surprendre les secrets de la divinité. C'était aussi un magicien qui savait retrouver le coupable d'un crime par des procédés magiques.

 

Les djinns étaient censés susciter des songes, qui, correctement interprétés, livraient la clé du destin. Ces djinns étaient appelés hâtif ("parlant à voix basse").


3. Le guérisseur

Le guérisseur (ar. tabîb), de là vient le mot français "toubib"), savait annuler l'effet des nœuds que les djinns nouaient pour créer des maladies.

 

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